Le commerce mondial du blé et le boulanger

L'actualité autour de la boulangerie pâtisserie.
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Marc
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janv. 2021
mardi
05
11:49

Pour vous situer dans le commerce mondial du blé.
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C'est un petit supplément d’informations sur les dessous économiques des ventes de blé et de certains ingrédients de la farine.
Avec des sacs d’ingrédients pour farines trouvés à l’intérieur de moulins, on remarque qu’un des fournisseurs d’ingrédients du type, gluten et dextrose est la firme Cargill.
Ces sacs ont été vus dans une petite meunerie belge faisant partie d’un grand groupe minotier lors de l’émission « Questions à la Une » du 27-11-2013 consacrée au thème « Artisanal ou industriel, ou est passé le bon pain ? ».
On est ici à l’inverse de la situation circuit court et plutôt dans un circuit long et même clairement dans notre exemple, dans un marché « multi-nationalisé ».
Avec les grands groupes industriels s’est installé un marché mondial important la matière première et exportant le produit transformé et ainsi quelques grandes sociétés occidentales s’installent et monopolise un petit maillon de la chaîne allant du grain au pain .
C’est notamment le cas de Cargill, une multinationale de l’ombre comme on l’a dépeint. Mais en France, le groupe Soufflet, Limagrain qui se définit comme coopérative, La société Dreyfus pourrait être dans la même lignée.
Il n’ont pas envie que l’on parle trop d’eux. C’est même pour éviter les publicités nécessaires aux potentiels investisseurs, que Cargill n’a pas voulu être cotés en Bourse.
Cargill était d’ailleurs une des plus grande société non cotées en Bourse des États-Unis. Cela reste ainsi une société familiale à plus de 88%, les familles Cargill et Mac Millan compte au moins 4 milliardaires.
Ils sont actif dans l’agro-alimentaire, mais vous ne verrez pas apparaître leurs noms puisqu’il ne fournissent que des ingrédients et notamment ce gluten et ce dextrose.
Le chocolat luisant qui couvre des desserts du type gaufre ou biscuit vient parfois de chez eux, et si vous voyez apparaître de plus en plus du chocolat-caramel c’est peut-être eux qui l’ont conçu et produit. Le Sunny-fresh est une proposition pour les fast-food (leurs principaux clients) à base d’œufs « stabilisés ». La crème glacée à la stévia aussi.

L' activité commerciale de Cargill a commencé par le stockage, le transport et la vente de froment.
Il y a plus de 50 ans, dans leur bureau de Minneapolis, il recevait déjà, jusqu’à 14.000 messages par jour .
Cela leur permet de connaitre l’état des récoltes du Monde entier et anticiper au mieux l’état du marché à la moisson et les dates de disponibilité de celles-ci.
Les grosses transactions, ils peuvent les connaître dès l’affrètement d’un navire et savoir comment il pèsera sur les cours du blé même pas encore embarqué ce jour-là. La mise à jour des réglementations européennes, l’évolution des marchés émergents et des consommations tout est tenu en compte. Aucun État n’a ses capacités d’analyses planétaires instantanées, mais bien ses firmes dites, non sans raison, multinationales.
Aujourd’hui en 2020, par un système de récoltes d’informations (CMS - système de gestion coopératives numérique) Cargill se veut fournir une banque de données (Cargill Data Platform) gorgée d’informations venant de cartographie polygonale -GPS- , surveillance par satellite, digitalisation des apports d’intrants et autres traitements préprogrammés, etc..
Offrant aux clients-usagers, des services de connexion aux producteurs d’intrants et des services bancaires mobiles inclut dans le module.
La possibilité d’intervention en cas de crises sanitaires pourrait passer par l’efficacité de ce réseautage, dise-t-il. Les informations de cette banque de données pénètre le Cloud presque en temps réel, et dit servir la traçabilité, la durabilité de demain. Cargill dit aussi pouvoir offrir aux producteurs et aux clients de la firme des services mis en open-source . Mettre en réseau ces producteurs et ses clients est une recherche de plus en plus accentuée des grosses entreprises de l’agro-alimentaire, n’agissant que sur un petit maillon de la chaîne alimentaire, particulièrement rémunérateur, le stockage et la fourniture du grain.
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Ce marché du blé, cela se joue aux centimes de bénéfice, mais sur des quantités astronomiques, et avec ce que l’on appelle pudiquement de l’ingénierie fiscale.
C’est à dire que Tradax (filiale de Cargill, qui est notre exemple choisi) peut très bien vendre du blé américain aux Pays-Bas, mais cela passera par Tradax Panama qui réalisera la plus grande marge bénéficiaire (puisque beaucoup moins taxé, là) et le payement s’effectuera chez Tradax-Suisse, pays moins regardant sur les bénéfices effectués sur les taux de change.
Autre appellation que l’on peut traiter de pudique, Cargill a une part d’activité service dite "gestion du risque". On peut en effet perdre de grosses sommes dans ces « bourses du blé », mais comment ne pas voir dans cette dénomination, « gestion du risque » la spéculation financière sur cette matière première qu’est le marché du blé, joué en bourse.
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Surtout dans les marchés dit à terme, ou est fixé avant l’acquit de la récolte, un prix sur une quantité de blé entre acheteur et vendeur. Depuis 1993, en pleine période de dérégulation des marchés agricoles, ils ont été de nouveau autorisés, puisque lors de la crise de 1929, ils avaient été interdit. Suite à un loi votée par l’administration Clinton en 2000, les investisseurs financiers (Banque, Fonds de pension, etc.) vont se jeter sur ce marché ou il y avait moyen de spéculer puisque la CEE et les États-Unis avaient réduit l’écart existant entre l’offre (alors excédentaire) et la demande, en restreignant les aides au secteur agricole.
Dès lors, l’offre et la demande du marché du blé n’a plus rien à voir avec la réalité du marché, mais bien plus avec la rentabilité des « portefeuilles d’actions» des investisseurs-spéculateurs.
Il faut savoir qu’il n’y a que 1% des actes de ventes réalisés en bourse qui vont directement du vendeur à l’acheteur. Le reste (99%) est joué en bourse sous forme de titres et serve à cette spéculation financière. Il faut relativiser ces chiffres puisqu’on sait que les transactions se réalisent à la nanosecondes.
Le blé des farines du marché a été échangé plus de 200 fois sur les divers marchés boursier avant d’arriver au moulin. À la bourse Euronext à Paris, en 2012, environ 29.000 contrats sur le blé ont été traités. A Chicago, la plus ancienne bourse du blé au monde (Chicago Board of Trade), il s’échange 46 fois le volume de la production mondiale du blé.
Dans les années 2010, on a enregistré une hausse d’intervention de 2300 % sur le marché du blé en 5 ans de la part des gros fonds d'investissements .

Voilà des informations qui vous font prendre connaissance de votre taille au niveau économique et vous rende parfois tout petit, de quoi avoir envie de retourner à des économies plus locales et circuits courts.



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Ces utilisateurs ont remercié l’auteur Marc pour son message :
Laurent (mardi 05 janv. 2021, 20:03)
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Bon pain
Marc
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